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Albert Ier - le scientifique

Informations fournies par le Centre de Presse de Monaco et l'AREHN

A la fin du siècle dernier, le développement de la science s'est élevé vers les grands sommets grâce au Prince Albert I (1848-1922) ; Prince dont les travaux, les recherches, et les expéditions constituèrent les bases de l'Océanographie.

Le Prince Albert Ier, avidement intéressé par cette discipline choisit délibérément de suivre "la carrière d'un navigateur". C'est sous ce titre qu'il a écrit ses mémoires de grand marin, de scientifique et de philosophe.

Tout commença en 1866. Le jeune Prince Albert, héritier du trône, était dans sa dix-huitième année. Son père le Prince Charles III, qui ne s'est jamais opposé à sa vocation, le confia à la Marine Espagnole où il apprit le commandement d'un navire et atteint le grade de sous-lieutenant.

Quatre années plus tard, il rejoignit la Marine Française et prit part comme lieutenant à la guerre contre la Prusse.

En 1873, il acquit son premier navire "L'Hirondelle I", un yatch de 200 tonneaux à bord duquel il effectua plusieurs croisières. Au contact de son ancien camarade de classe du Lycée Stanislas, le Docteur Regnard, Directeur Adjoint du Laboratoire de Physiologie de la Sorbonne, et du Professeur Milne-Edwards, Directeur du Musée d'Histoire Naturelle de Paris, sa curiosité scientifique s'éveilla et en 1875, "L'Hirondelle I", jusqu'alors bateau de plaisance, se transforma en un véritable navire scientifique. Le Prince Albert sillonna la Méditerranée dans toutes les directions ainsi que l'Atlantique jusqu'aux Açores. Des sondages en eaux profondes furent effectués jusqu'à une profondeur de 3000 mètres - un record pour l'époque !

 
L'Hirondelle I   Le Princesse Alice I

 

Devenu Prince de Monaco à la mort de son père en 1889, le Prince Albert fit construire en 1891 une goélette à vapeur de 600 tonneaux  "La Princesse Alice I" qui allait être suivie en 1898 par  "La Princesse Alice II" (1 400 tonneaux) et en 1911 part "L'Hirondelle II" (1 650 tonneaux).

 
Le Princesse Alice II   L'Hirondelle II

 

Bien que ses responsabilités de Souverain l'obligent à de profondes réformes sur le plan politique économique ou social, il poursuit inlassablement ses expéditions - au total 28 entre 1885 et 1915.

Celles conduites entre 1892 et 1897 comportèrent un dragage par 5 580 mètres de fond au sud de Madère.

Suivirent des expéditions au Spitsberg, au Cap Vert, le long des côtes Brésiliennes, Norvégiennes et d'Amérique du Nord.

La Première Guerre Mondiale devait mettre un terme aux activités océanographiques du Prince Albert Ier. C'est à partir de cette période que "L'Hirondelle II" resta au mouillage dans le port de Monaco. En 1923, soit un an après le décès du Prince Albert Ier, elle vogua vers l'Angleterre pour y être vendue.

Dans l'introduction à la dernière édition de "La Carrière d'un Navigateur" publiée en 1966, l'œuvre, si fructueuse, du Prince Albert Ier, a été résumée en ces termes par le Commandant Jacques-Yves Cousteau, Directeur du Musée Océanographique de Monaco jusqu'en 1988 :

"Le prince a dirigé lui-même 3698 opérations en mer, larguant casiers à homards et filets géants jusqu'à 6000 mètres, apportant la preuve d'incessantes migrations des animaux pélagiques, étudiant la pénétration de la lumière, utilisant la photographie et le cinéma, découvrant l'anaphylaxie, suggérant l'emploi des hydravions pour la pêche, mais dénonçant en même temps les dommages causés par les chaluts, publiant la première carte bathymétrique des océans, encourageant la mesure des profondeurs par ultra-sons et étudiant avec enthousiasme les phénomènes de la haute atmosphère qui reçoivent de la mer les principaux éléments de leurs activités."

 

 

En 1906, le Prince Albert I créa l' Institut Océanographique  voué à la science marine. L'Institut comporte, en premier lieu, un établissement situé à Paris,  rue Saint Jacques en plein cœur du quartier Latin, assurant l'enseignement par des cours et des conférences, en second lieu, le Musée Océanographique de Monaco, dont l'inauguration eut lieu le 29 Mars 1910 en présence de nombreuses personnalités, chefs d'états ou leurs représentants et délégués des sociétés savantes du monde entier.

Dans le discours de bienvenue qu'il prononça à cette occasion, le Prince Albert I déclara :

". . . . . . le territoire de Monaco a dressé un temple fier et inviolable à la nouvelle divinité qui règne sur les intelligences !"

La haute qualité des travaux et des recherches du Prince Albert I lui firent gagner l'estime et l'admiration des cercles scientifiques du monde entier.

Elu membre correspondant de l'Académie des Sciences à  l' Institut de France, membre fondateur de la Société de Biologie de Paris, Doctor Honoris Causa de nombreuses grandes universités, il créa en 1919 à Madrid la Commission Internationale pour l'Exploration Scientifique de la Méditerranée ; commission dont il fut avec le Roi Alphonse XIII d'Espagne le premier Président.

Parallèlement à ses recherches dans le domaine océanographique, le Prince Albert Ier donna une nouvelle impulsion à la science préhistorique, encore à ses débuts au commencement du siècle, en procédant à des excavations dans les grottes de Grimaldi, sur la côte Italienne proche de la frontière Française, en fondant en 1903, à Paris  l'Institut de Paléontologie Humaine et en créant à Monaco  le Musée d'Anthropologie Préhistorique.

Autant enthousiasmé par la botanique, il eut l'idée d'acclimater la flore des régions désertiques à la Principauté. Il choisit lui-même le site qui se prêtait le mieux à ce procédé : la falaise de l'Observatoire, surplombant Monaco et  fit débuter, en 1913, les travaux de la première tranche du Jardin Exotique qui fut inauguré en 1933 par le Prince Louis II (1870-1949).

L'activité scientifique a été marquée entre les deux guerres par la création du Jardin Exotique voué à la présentation et la reproduction de la flore des zones arides et par l'installation en 1929 du Bureau International Hydrographique  sur le port. Depuis l'Organisation Internationale Hydrographique s'y réunit à intervalle régulier et se consacre à la préparation de la 5ème édition de la carte bathymétrique des Océans.

Mais l'Homme de Science que fut le Prince Albert Ier dans le sens le plus large possible n'a jamais porté ombrage à l'Homme Visionnaire au cœur généreux qui créa l' Institut de la Paix en 1903 pas plus qu'à sa vue profonde de Chef d'Etat, qui a su garder la Principauté sur la bonne route en  marin expérimenté qu'il fût.

Après la Seconde Guerre Mondiale, la grotte de l'Observatoire, explorée depuis plusieurs décennies, a été ouverte au public. Elle est située dans l'enceinte même du Jardin Exotique. Le 20 Novembre 1951, l'Association de Préhistoire et de Spéléologie a été formée et en 1960  S.A.S. Le Prince Rainier III inaugura le  Nouveau Musée d'Anthropologie  Préhistorique.

En 1971, S.A.S. le  Prince Rainier III créa le Prix "Albert I de Monaco" pour l'Océanographie qui a pour objectif de "stimuler les travaux de recherche en donnant la meilleure de ses reconnaissances officielles et son estime pour un travail achevé, des dangers courus et des découvertes faites en mer et sous la mer où  l'inconnu est encore immense".